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Portrait

Passionné de mécanique depuis l’enfance, Thierry Gibernon crée son entreprise de réparation d’horlogerie Le Garde-Temps en 2001. Féru de technique, il y effectue l’entretien des produits horlogers, mais aussi la création de pièces d’horlogerie. Il nous livre son histoire, et nous rappelle l’importance du lien social et du dialogue, en particulier en période de crise.

 

« Aimer, partager, rire »

 

 

Marchand de bonheur

Depuis l’enfance, l’esprit de Thierry Gibernon est orienté vers la mécanique. Bricoleur, il aime l’aspect technique et le fait d’assembler des composants. C’est donc naturellement qu’il se dirige vers sa passion, l’horlogerie. Il effectue un CAP réparateur puis travaille dans un atelier de SAV pendant 7 ans. A la suite de cette expérience, Thierry décide en 2000 de participer au concours du « Un des Meilleur Ouvrier de France ». Parallèlement, il a cumulé d’innombrables heures, à parfaire de son côté, la technique et la théorie. Il en gardera l’empreinte « extraordinaire, éprouvante, et humainement très forte » et quelques souvenirs de grosses migraines, dit-il avec humour. Ce concours lui servira de tremplin pour lancer, en 2001, Le Garde Temps. Notre Maître horloger poursuit sa route et accède en 2007 au titre de Maître Artisan d’Art et obtient également le label Entreprise du Patrimoine Vivant en 2008. Basée à Gardanne, son entreprise est spécialisée dans la réparation et l’entretien courant de toute l’horlogerie. Des montres de tous les jours aux pendules anciennes, il œuvre sans relâche pour atteindre ainsi les meilleurs résultats possibles. Il réalise aussi des créations de pièces (montres, pendules, horloges…) sur commande ou issues de son imaginaire. Thierry se veut « marchand de bonheur ». Il exige de lui-même et de l’ensemble de son équipe une qualité de travail et une constance irréprochables. Il souhaite avant tout établir une relation de confiance avec les clients. « On ne doit pas induire un client en erreur. Un professionnel se doit avant toute chose d’apporter l’éclaire nécessaire et indispensable, à la bonne prise de décision. Il m’est inconcevable que de telles pratiques puissent exister » souligne-t-il.

Il tente d’aller au-delà de la satisfaction, de créer le petit plus, l’émerveillement. Toute une démarche, comme l’exprime sa devise « Il n’existe d’autre choix pour atteindre la perfection que de rechercher toujours à se surpasser et de refuser les résultats médiocres. Soyez exigeant avec vous-même, critiquez vos fautes sans complaisance et vous serez sur la voie de l’excellence. Toujours plus près de la perfection sans jamais pouvoir l’atteindre un jour… ». Pour lui, ses produits sont « des objets connectés à quelques chose de profond ».. Une composition mêlant le temps et l’histoire des hommes dans le berceau de l’horlogerie. Thierry est fier de la grande richesse de son métier, forgée par près de 1000 années d’histoires, de savoir-faire, de sciences et de techniques. Mais dans l’exercice, les plus anciennes remontent à la fin du 17ème siècle. 300 ans tout de même pour ces vieilles dames.

  

La volonté de ne pas disparaître

Dès la fin du mois de février 2020, il sent « un poids qui tombe sur l’entreprise ». Le téléphone ne sonne plus, le confinement se profile et le malaise des collaborateurs se fait ressentir. Le stress et la peur de l’avenir grandissent, surtout en pensant « au crédit monumental à rembourser ». Affichant une farouche détermination de ne pas disparaitre, il se transforme en communiquant et lance des actions solidaires sur les réseaux. Dans la foulée il refait son site internet « www.le-gardetemps.fr » et crée de nouvelles pages illustrant ses actions. « Il fallait cela pour lutter contre cette peur », confie-il. La première est « Je soutiens mon quartier ». Elle invite les gens à voir ce et ceux qui les entourent et à soutenir les professionnels de leur quartier. L’objectif est de maintenir un lien humain et de créer un vecteur de bonheur et d’espoir. Vers la fin du confinement, il met en place un second projet, « Et après ?», qui vise à s’interroger sur le futur, sur les modes de consommation et la relation avec l’environnement post-confinement. Arrive enfin, dans une forme de maturité : « Le local c’est moi !». L’idée est d'offrir au public des pépinières de plantes aromatiques aux particuliers, afin . Le concept est d’illustrer qu’entretenir , c’est aussi en recevoir des bénéfices. Cela fait écho à l’économie locale : « si je soutiens les entreprises l’économie locale , cela aura des retombées positives pour moi. »

Pour son entreprise, Thierry a d’abord sollicité un PGE auprès de sa banque. Conscient que sa situation n’est pas la plus alarmante, il ne fait pas d’autre demande d’aide. Mais son tableau de pilotage finit par mettre en évidence de gros risques financiers. Que se passera-t-il en cas de reconfinement, à cause du décalage des paiements, du manque de commande ? Il demande alors un prêt COVID Résistance auprès d’Initiative Pays d’Aix (IPA).

 

On ne joue pas avec l’argent public

Thierry a apprécié le regard juste, exhaustif et la gestion saine et efficace sa demande par son instructeur Christian Prouvée. Malgré la complexité technique de son dossier, il apprécie les conseils et l’accompagnement dont il a bénéficié. Idem pour le comité, durant lequel l’écoute et la compréhension des données de l’entreprise est une priorité : « Cela permet de mesurer l’implication des porteurs de projets, de responsabiliser. On ne joue pas avec l’argent public. L’étude entre la cohérence de notre demande et la santé de notre projet, est menée avec bienveillance et objectivité ».

 

Aimer, partager, rire

Pour Thierry, cette crise a accentué sa « volonté de continuer envers et contre tout, de croire que tout est possible, et que plus on, y croit, au plus c’est cela devient possible ». C’est l’optimisme et le courage qui priment. Il profite de la restructuration de son entreprise (zone d’accueil du public, parcours, protocole sanitaire) pour renforcer son esprit de communication, sa bienveillance. Le but est d’optimiser, de développer, encore, l’écoute et le dialogue avec les clients. «Il faut rester connecter à l’essentiel : aimer, partager, rire ». Il espère une évolution positive de la perception du lien humain et une prise de conscience concernant les modes de consommation. Il a aussi pour projet de devenir un centre de collecte de déchets anciens liés à l’horlogerie à des fins écologiques, notamment en permettant au travers d’une réparation une 2ème vie aux objets.

D’après une interview réalisée par Emma Guirandy pour IPA

 

Site internet : https://www.le-garde-temps.fr/

 

 

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